Farce

Commande de l’Orchestre de chambre de Paris

À PROPOS

(Cet entretien a été publié originellement dans le programme de salle de l’Orchestre de chambre de Paris.)

En septembre dernier, l’Orchestre de chambre de Paris a créé la pièce Blue Spine de Clara Olivares. Compositrice associée de la formation, la musicienne franco-espagnole évoque sa nouvelle œuvre, Farce, que nous entendons ce soir en première mondiale. Parlez-nous de votre nouvelle pièce…

Clara Olivares. L’Orchestre de chambre de Paris est à l’origine de cette Farce. C’est la première fois que j’aborde l’idée de l’humour en musique. Ce fut l’occasion d’un bel échange artistique avec la directrice de programmation de l’orchestre, Chrysoline Dupont, à laquelle ma partition est dédiée. Nous avons imaginé une œuvre non conventionnelle, véritable clin d’œil à la Première Symphonie de Mozart, pièce d’un enfant de huit ans. L’humour en musique revêt de multiples facettes, des plaisanteries musicales de Mozart à l’ironie de Schnittke, Chostakovitch ou Chédrine, en passant par les effets comiques d’un Haydn.

Où se situe votre Farce ?

C. O. Ma partition débute et se clôt par le même accord arpégé que celui de la symphonie de Mozart. J’ai même intégré d’autres éléments qui font directement référence à cette symphonie, comme le rythme ternaire de son deuxième mouvement. Ce ne sont pas des citations explicites mais davantage des métamorphoses affectueuses et admiratives, sans aucune volonté d’ironie. Il n’y a pas de thème développé, car je construis à partir de motifs. Je cherche la densité de la matière sonore, même dans des matériaux simples. Ma démarche serait peut-être plus beethovénienne que mozartienne.

Avez-vous imaginé, au fil de la composition ou même au début de l’écriture, une structure narrative ?

C. O. La pièce est en un seul mouvement, un seul élan «mouvant » – ce qui n’interdit pas les brisures, qui appartiennent aussi à l’univers humoristique de la musique –, comme s’il s’agissait de tableaux imbriqués les uns dans les autres.

Employez-vous une instrumentation spécifique ?

C. O. J’emploie le cornet à bouquin [un instrument à vent en bois utilisé notamment dans le répertoire de la Renaissance, ndlr.]. Les pupitres des cordes sont divisés, et certains vents sont accordés un quart de ton plus bas. Enfin, je joue à la fois sur le tempérament égal et le tempérament mésotonique.

Comment situez-vous cette partition dans votre catalogue ?

C. O. L’idée du double tempérament est pleinement exploitée dans cette pièce, mais c’est surtout la première fois que je compose une partition – fort soigneusement écrite et qui ne cherche nullement à parodier une quelconque esthétique contemporaine – qui ne se prend pas au sérieux ! Une bouffée d’oxygène dont j’avais (dont nous avons) grand besoin!

Infos

2222/2200/1tmp/87653 (dont 1 trp jouant cornet à bouquin – optionnel)

Durée de l’œuvre : 8′

Dédié à Chrysoline Dupont

Farce sera diffusée le 11 juillet 2022 à 20h sur France Musique.

Partition

Disponible sur demande auprès de la compositrice (non éditée à ce jour)

Performances passees

20.01.2022 Orchestre de chambre de Paris (dir. du violon Clémence de Forceville), Théâtre des Champs-Elysées (FR) – création